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Francouvertes, jour 2 : transgresser les traditions

Mardi dernier, c’était au tour de Maud Evelyne, de Paruline et de Soleil Launière de conquérir la scène des Francouvertes. Fidèle à son habitude, le concours de chanson avait lieu au cabaret Lion d’Or devant une foule accueillante.


Le deuxième soir de la ronde des préliminaires débute avec une première partie hors concours signée Mon Doux Saigneur, seul à la guitare. À l’aide de ses chansons douces, l’ex-participant des Francouvertes capte l’attention du public avec émotion. « Ah non, moi j’peux pas faire de chansons tristes », plaisante-t-il avant d'enchaîner avec la pièce Aller.


Maud Evelyne, rockeuse-poétesse


C’est au tour de Maud Evelyne, qui se présente sur scène avec un habit punk des années 90, ballerines et choker épais inclus. Ses premières chansons mélangeant poésie et folk rock manquent un peu de justesse, mais l’artiste se reprend avec un fantastique numéro de « spoken word ». 


Puis, la chanteuse entame des chansons davantage rock. Chaque numéro est plus senti que le précédent et sa poésie se mélange de façon surprenante à sa voix brute. Maud Evelyne est faite pour écrire du rock cru, cependant, elle doit trouver un son qui est le sien et l’assumer. 



La métamorphose du violoneux


Paruline monte sur scène pour la deuxième partie du spectacle avec quatre talentueux musiciens et musiciennes qui l’épaulent durant toute sa prestation. Tout de suite, l'atmosphère change : le public applaudit bruyamment et l’artiste, tout sourire, crée un climat mystique mélangeant musique traditionnelle et synthé.  


Ses chansons, teintées de rock indépendant à la Marie-Céleste et Thierry Larose, explorent l’univers des contes québécois. Charles Labrèche, tête d’affiche du projet, violoneux et gigueur d’occasion, propose des chansons qui présentent des personnages de légendes tels que la sirène cruelle et l’homme pas de tête. Le résultat est envoûtant, quoique les textes tournent souvent vers l’archétype. 


Lors de la chanson Théophile, le public acclame Labrèche qui empoigne son violon et commence un reel presque psychédélique. La chimie du groupe brûle les planches et leur son amène une nouveauté rafraîchissante dans le monde de la musique traditionnelle.  





Spiritualité et vivacité


Finalement vient le tour de Soleil Launière, artiste bispirituelle de Mashteuiatsh, une communauté innue établie au Saguenay-Lac-St-Jean. Elle monte sur scène, toute de noir vêtue, des immenses boucles d’oreilles perlées aux oreilles. Elle est là pour créer sa propre langue, mélangeant le français, l’innu-aimun et l’anglais. « J’me réapproprie ma langue et j’apporte mon territoire ici », déclare-t-elle en honorant sa communauté d’origine.


La présence scénique de Soleil Launière hypnotise et rappelle les transes musicales de Florence + The Machine et de Stevie Nicks. Le Lion d’Or devient un univers transcendant la musique traditionnelle autochtone, la techno et le rock indépendant. 


Entre performances théâtrales et sublimes harmonies, Soleil Launière dénonce les violences faites aux femmes, aux filles et aux personnes bispirituelles autochtones. Elle montre aussi l’importance des aîné·es innus en faisant résonner des enregistrements de Joséphine Bacon dans la salle. La chanteuse répond aux paroles de Bacon en répétant les mêmes syllabes, comme pour apprendre les mots que l'aînée prononce.


Chose certaine, Soleil Launière brille sur scène et récolte les fruits du travail accompli. Sa performance lui vaut la première place du palmarès. Paruline décroche la troisième place, derrière PRINCESSES, alors que Maud Evelyne accède à la sixième place. Les Francouvertes continuent leurs préliminaires lundi prochain, le 18 mars, au cabaret le Lion d’Or.



Crédit photo : Camille Gonzalez

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