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(in)sight + J. Style + Anna Duverne : l’improvisation en trois temps 

Tangente Danse a présenté un programme triple mêlant danse et musique, avec J. Style, Anna Duverne et (in)sight du 22 au 25 janvier 2026. Les artistes de claquettes, de popping et de contemporain qui balayent la scène ont en commun leur pratique de l’improvisation. Une invitation pour le public à s’ancrer dans l’éphémérité de chaque pas, notes, pauses et silences.


Le  danseur de claquettes David Lafleur et le pianiste Deniz Lim-Sersan ont effectué le premier numéro de la soirée, « Entrelacés » . Photo: theartofmovementphotography
Le danseur de claquettes David Lafleur et le pianiste Deniz Lim-Sersan ont effectué le premier numéro de la soirée, « Entrelacés » . Photo: theartofmovementphotography

(in)sight : quand le courant passe 

 

Dès que les spectateurs et spectatrices mettent les pieds dans la petite salle Espace Orange, ils plongent dans le caractère intimiste du numéro du collectif (in)sight. Les deux artistes occupent déjà la scène, dont le décor rappelle un salon. L’un tricote, alors que l’autre joue une douce et enveloppante ballade au piano. Une incitation à fermer les yeux et à lâcher un long soupir.


Des trois numéros présentés, « Entrelacés » d’(in)sight est sans équivoque le plus réussi par la clarté de son concept. Avec comme point de départ leur langage commun, soit la culture jazz, le danseur de claquettes David Lafleur et le pianiste Deniz Lim-Sersan se livrent à un échange authentique, à une cocréation musicale. 

 

À l’aide de dispositifs sensoriels et technologiques, les deux artistes sortent des normes de leurs pratiques en modifiant les sons des claquettes et du piano. Entre bruits électros, échos et vrombissements, ils créent ainsi des paysages sonores uniques et immersifs. 

 

À cela s’ajoute un élément particulièrement intéressant : une télévision. Celle-ci s’érige entre David Lafleur et Deniz Lim-Sersan et projette des images d’ondes modulant au rythme des sons créés sur scène. Cet élément tout simple rappelle que le courant passe entre les deux artistes. 


J. Style matérialise la musique 


Le danseur de popping J. Style. Photo: Russell Manswell
Le danseur de popping J. Style. Photo: Russell Manswell

S'ensuit « F.R.3.3 », la deuxième prestation de la soirée. Après un entracte, le public entre dans la salle pour découvrir le danseur de popping J. Style. Les lumières se tamisent, puis une musique entraînante, qui donne envie de hocher la tête, démarre. Ce dernier se met alors à l’action. Dès les premiers moments, un constat s’impose : J. Style maîtrise son art.


Lors des premières minutes du solo, le danseur est dos au public, mais sa présence n’en est pas moindre. Ses isolations de mouvements sont précises et sa musicalité est hors pair, donnant l’impression que la musique se matérialise dans son corps. Lorsqu’il finit par se retourner, il fixe l’auditoire, sans bouger. Ce silence sonore et physique tient le public en haleine pour la suite. S’enchaîne alors une danse ponctuée d’expressions faciales pleinement assumées. Tantôt il esquisse des sourires, tantôt il ouvre grand la bouche, comme pour hurler, mais sans bruit.


Parallèlement, l'acolyte de J. Style, le danseur Robert Soare, réalise des impressions sur des chandails au côté droit de la scène. Lors d’une conférence en aval du spectacle, les deux artistes, copropriétaires d’une compagnie de vêtements, ont expliqué que cet élément de mise en scène représente une partie de leur identité, de leur façon de s’exprimer. Or, cet élément semble superficiel, car il n’ajoute pas grand-chose à l’essence du numéro.


Anna Duverne : un souffle commun


La danseuse contemporaine Anna Duverne et sa collègue saxophoniste, Marianne Lataillade font preuve d'une grande complicité sur scène. Photo: Marianne Lataillade
La danseuse contemporaine Anna Duverne et sa collègue saxophoniste, Marianne Lataillade font preuve d'une grande complicité sur scène. Photo: Marianne Lataillade

Lors de cette même conférence, la danseuse contemporaine Anna Duverne a expliqué ne pas avoir ciblé la performance pour son numéro « Les pas, la nuit », mais plutôt une approche « personnelle, énigmatique et mystérieuse », ainsi qu’une « gestuelle entre réalisme et théâtralité ». Sur scène, l’artiste semble chercher à créer un effet « organique », mais cela semble forcé. Le côté théâtral de certaines actions, comme s’attacher et se détacher les cheveux, chantonner ou encore marcher avec un air rêveur, n’est pas convaincant. 


Cela dit, la complicité entre elle et sa collaboratrice, la saxophoniste Marianne Lataillade, est palpable. À leurs yeux, le saxophone évoque « un souffle commun » entre elles. Cette intention se manifeste avec justesse, car en les regardant, une question émerge naturellement : qui inspire qui? Est-ce la danseuse qui guide la musicienne, ou l’inverse ? Comme dans les deux autres numéros de la soirée, cette interaction témoigne d’une démarche d’improvisation intentionnelle et ressentie.


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