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Un an de Kinorino : unir la relève cinématographique de Montréal

Kinorino a récompensé dimanche soir dernier les meilleurs courts-métrages étudiants de l’année. L’organisme, qui fête un an d’activités, crée des ponts entre les artistes du septième art dans le milieu académique.



Six courts-métrages réalisés en première année d’étude, six autres de deuxième année ainsi que trois films de fin d’études ont été sélectionnés par Kinorino pour leur rétrospective annuelle au théâtre Latulipe. La provenance des œuvres était équilibrée entre l’Université de Montréal, l’Université du Québec à Montréal et Concordia, qui offrent chacune une formation spécialisée en cinéma.


Coup de cœur du public


Le public a choisi, pour la catégorie des premières années, Tatata-Ta, réalisé par Hadi Iraqi de Concordia, une fiction étourdissante inspirée par le délire et le génie de Beethoven. L’art du dernier soir, du réalisateur Nicolas Leclair, également de Concordia, fut récompensé dans la catégorie des deuxièmes années. L'œuvre crue et audacieuse brise les tabous des histoires d’un soir dans la communauté gaie. « J’ai failli ne pas envoyer mon film, puisque j’étais très gêné de le présenter, alors c’est une très belle reconnaissance », révèle le réalisateur. 


En troisième année, c’est L’écho des vagues, par Lucas Desrosiers de l’UQAM, qui l’emporte, une intrusion bouleversante dans les souvenirs d’une petite fille dont la grand-mère a choisi l’aide médicale à mourir. 


Prix des partenaires


Le Festival du Nouveau Cinéma a remis une mention spéciale à Fenêtre sur Montréal ainsi qu’un prix principal à L’art du dernier soir, doublement récompensé. L’organisme Réalisatrices Équitables a récompensé Mimi aime le métal, court-métrage réalisé par deux étudiantes de troisième année à Concordia mettant en scène un trio d’ouvrières colorées qui se rebellent contre leur patron dans une satire féministe. Un film qui se distingue également par son univers industriel sombre et surréaliste soutenu par une direction artistique minutieuse. 


Un an de Kinorino


Kinorino, c’est l'initiative de Vincent Ménard et de Jérémie Gravel autour desquels s’est tracée une petite équipe d’une dizaine d’autres universitaires passionné·es. En janvier 2023, alors étudiants à l’UdeM en cinéma, ils prennent conscience d’un manque de contacts entre les aspirants cinéastes de la région et décident de créer leurs propres opportunités. Leur mission : réunir la communauté étudiante en cinéma et faire rayonner les productions universitaires qui sont parfois jugées de haut dans le milieu professionnel. 


« Un film étudiant, ça rime avec peu de temps, peu de moyens et ça demeure un lieu d’apprentissage, mais les étudiants sont surtout des artistes. La soirée d'hier a prouvé à quel point ils ont du talent. On trouve ça dommage que le mot étudiant associé à un projet évoque parfois des préjugés », explique le directeur de Kinorino, Vincent Ménard. 


L’organisme s’inscrit dans la mouvance du courant cinématographique Kino qui encourage la production de films à petits budgets dans une perspective communautaire. « Rino » évoque le rhinocéros « qui va vers l’avant, qui fonce », symbolisant les étudiants et étudiantes qui tentent de faire leur place dans l’industrie. 


Pour la gestionnaire de projet et étudiante à Concordia, Yasmina Bouabid, s’impliquer au sein de Kinorino est la solution à l’absence de cohésion de groupe qu’elle avait observée au sein du milieu académique. « Ça a beaucoup changé mon parcours académique, je me suis fait plein d’ami·es. Par exemple, on organise une table ronde à Concordia avec l’organisme Réalisatrices Équitables, parce que j’ai rencontré la cinéaste Justine Martin avec Kinorino. » Le réseautage est d’autant plus important en cinéma, puisque chaque œuvre voit le jour grâce au travail de nombreuses personnes aux compétences variées. 


Cinéma expérimental


Cinéma d’animation, jeux de son et lumière abstraits, expérimentation d’effets kaléidoscopiques sur l’urbanité montréalaise, la sélection de Kinorino surprend et met en valeur la diversité des styles cinématographiques dans ce qu’il y a de plus audacieux. 


Kinorino offrira dans les prochains mois des soirées de réseautage pour que les jeunes cinéastes qui réalisent des productions estivales complètent leurs équipes de tournage. 


Crédit photo: William Drolet @will.drolet

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