Les Francouvertes lancent leur 30e édition
- Perlina Rossi-Brown

- il y a 2 jours
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L’organisation des Francouvertes a dévoilé l’identité des 21 artistes émergents et émergentes qui fouleront la scène du Cabaret Lion d’Or du 9 mars au 11 mai 2026. S’en est suivi une dynamique performance de Muhoza et sa troupe, gagnant de l’édition précédente.

Chacune des sept soirées des préliminaires du concours de la relève francophone présentera trois artistes ou groupes. Se succéderont sur scène, Marie Neiges, Dauphins, Olivier Faubert, Colin Léo, Roxane Reddy, Kèthe Magané, Charlie Rivard, Chaude Chaleur, Komēdza, Luan Larobina, TDH, Spaghatt, Bernadette, Mitaine, Kris Kinokewin, Banc d'Parc, Noëm, Thalia Rosaura, Irdens Exantus, Fyore et De Lafe.
Un an après après la victoire
Un an après leur victoire, voilà que Muhoza et sa troupe foulent à nouveau la scène du Cabaret Lion d’Or. Les lumières se tamisent. Carson, le chanteur de la troupe, réchauffe la scène de sa voix soul et enveloppante. Puis, le ton change : « On a des nouvelles chansons », s’écrit Muhoza, le leader du septet jazz-funk-rap.
Le groupe en a performé trois. La première offre un intéressant contraste entre le rap et les envolées de flûte. Les deux autres morceaux sont portés par des couplets effrénés exigeant une bonne dose de « cardio », selon Muhoza, le tout entrecoupé des solos envoûtants du saxophoniste de l’équipe.
Dans la plus petite salle du cabaret, appelée le Lionceau, les artistes du groupe se confient au Culte sur ce que les Francouvertes leur ont apporté. Aux yeux de Carson, ce concours est porteur d’espoir pour la relève. « C’est quand même un milieu contingenté, mais là, tu vois qu’en fait, c’est tangible de réussir », avance-t-il.

Au-delà de la compétition, Muhoza, lui, prône l'amitié. Le réseau créé entre les 21 participants et participantes au cours des deux mois et demi des Francouvertes est précieux, d’après lui. Il affirme avoir gardé des liens forts avec certains artistes de sa cuvée, comme Mélodie-Jade et Kamilou.
Ce dernier souligne également l'importance des commentaires du public, qui sont transmis aux artistes dans les jours suivant leur performance. « Ils nous a fait chaud au cœur », dit-il. La bande confie les avoir lus à l’époque où elle avait de la difficulté à trouver l’identité de son nouvel album, actuellement sous embargo. « Ça nous a aidés à la trouver », affirme Muhoza.
Stéphanie Boulay, co-porte-parole de l’événement avec Ariane Roy, abonde en ce sens. La chanteuse et ex-participante des Francouvertes affirme que recevoir les commentaires du public peut s’avérer un outil « fondateur » pour les artistes qui l’utilisent constructivement.
Assumer son identité
Stéphanie Boulay conseille aux participants et participantes d’assumer leur identité. « Les choses que les gens disent pour nous critiquer, souvent, ce sont les choses qui font que les gens nous aiment aussi », confie-t-elle.
« Des fois, la voix de l'industrie n'a pas raison. […] Il n'y a rien comme le pouvoir de la foule pour dire si quelque chose est bon ou non », ajoute l’artiste.
Stéphanie Boulay partage avec humilité une leçon apprise lors de son passage comme juge en 2014. Elle se souvient avoir critiqué la tenue de Philippe Brach, alors en finale : « Il était en tee-shirt, en pieds de bas et en jeans. Donc, j'ai écrit "ça serait cool que tu fasses un petit effort pour t’habiller" ».
« C'était complètement idiot parce que Philippe Braque, son identité, c'est de [s’en ficher]. C'est ce qui fait qu'aujourd'hui les gens l'aiment autant », reconnait-elle.
Elle souligne également l’importance de la présence scénique. Si, aujourd'hui, en 2026, les maisons de disques peuvent facilement découvrir des talents émergents sur les réseaux sociaux, il existe, d'après elle, « peu de manières », de les découvrir à travers des performances en direct comme aux Francouvertes.

Le concours veut « garder son souffle »
La directrice de l’événement, Sylvie Courtemanche, a profité du lancement pour annoncer que cette 30e édition anniversaire sera ponctuée par une campagne de sociofinancement afin de permettre au concours de « garder son souffle ».
« Si on ne réalise pas [la campagne], on a clairement un déficit de 30 000 dollars. Soyons franches », a lancé en riant en cœur avec la salle celle qui est directrice du concours depuis sa neuvième édition.
La directrice explique que, pour assurer son budget, les Francouvertes n’ont accès qu’au financement de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) parmi les organismes publics, car elles sont considérées comme un concours, et non comme un événement culturel.
« Cette année, on va utiliser la campagne de sociofinancement comme levier pour approcher les différents paliers de gouvernements et des contacts dans le privé pour s’assurer de pouvoir vous offrir une 31e édition », a-t-elle déclaré sous les applaudissements du public.




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