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Requiem en tandem, Carmen est encore là

Les funérailles de la célèbre Carmen de Bizet ont lieu à la salle Fred Barry du Théâtre Denise-Pelletier. Plus de 150 ans plus tard, la compagnie La pièce du fond incarne les personnages emblématiques de l’opéra pour mettre en scène un dernier adieu à cet oiseau rebelle.


Crédit photo: Maxim Paré-Fortin
Crédit photo: Maxim Paré-Fortin

L’opéra Carmen de Bizet raconte l’histoire d’un amour tragique et d’un féminicide quand, dans l’acte final, Don José poignarde Carmen par folie jalouse. Mais qu’en est-il de la suite du récit ? C’est ce que La pièce du fond a voulu dépeindre avec sa nouvelle création, Carmen Requiem.


Où es-tu Carmen ?


Au commencement du spectacle, la salle est longtemps plongée dans le noir, à l’exception d’une lueur vacillante de bougie. L’espace scénique rectangulaire positionne le public des deux bords de la scène, renforçant le symbole de la tombe de Carmen.


Les voix pré-enregistrées de Don José et de Carmen emplissent la salle, révélant à l’auditoire les moments de leur rencontre, de leurs amours et de la fin tragique de leur histoire. Puis, les proches de Carmen témoignent à tour de rôle – Lillas, Frasquita, Mercédès.


La production de Carmen, Requiem reste dynamique par sa narration en tandem. Les comédiennes et comédiens oscillent entre moment présent et souvenirs du passé, transmettant l’émotion lourde du deuil au public. Même si elle n’apparaît jamais, Carmen est là ; sa présence est palpable tout au long de la représentation.


Après un monologue aussi émouvant que troublant livré par Don José, la pièce finit par une scène de toréador, quand le personnage d’Escamillo doit abattre un taureau. L’animal s’effondre et prend la parole pour s’adresser à Carmen. Il se compare à elle et lui rappelle que leur mort n’est la faute d’aucun d’entre eux. Ce qu’ils ont en commun, c’est qu’ils ont péri de la main d’un homme convaincu de sa supériorité.


Crédit photo: Maxim Paré-Fortin
Crédit photo: Maxim Paré-Fortin

« Personne va t’oublier »


Carmen, Requiem explore les conséquences des féminicides, les cicatrices émotionnelles laissées sur les proches des victimes. Un enjeu d’actualité quand on compte six féminicides depuis le début de l’année 2026 au Québec.


La pièce soulève aussi des questions qui tourmentent : qu’est-ce qui pousse à commettre un tel acte ? Est-ce qu’il aurait pu être évité ? Comment rendre hommage à la victime, ne pas l’oublier ?

C’est d’ailleurs le personnage de Frasquita qui prononce une phrase essentielle : « Personne va t’oublier ». Celle-ci contient toute l’importance du message véhiculé : ne pas laisser la mort de Carmen la mener au silence, continuer de parler d’elle et de faire vivre son souvenir.


Carmen, Requiem, présentée du 10 au 28 février 2026.


 
 
 

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