Renaître avec Kintsugi
- Jeanne Tardif

- il y a 2 jours
- 2 min de lecture
La compagnie Machine de cirque lance un message d’espoir avec son spectacle Kintsugi présenté à la TOHU. Au fil des nombreux numéros acrobatiques, les personnages apprennent à faire la paix avec leur passé, à la manière du « Kintsugi », cet art japonais de réparation de céramique.

Le public fait face à sept inconnus réunis pour attendre un autobus qui ne viendra pas. Alors que le temps passe, certains personnages laissent entrevoir un lourd passé à la source de cicatrices toujours présentes.
Dans ce spectacle sans mot, l’émotion est communiquée au travers des acrobaties des artistes. La performance de corde lisse, présentée tôt dans le spectacle, dépeint le mieux cette douleur. Durant quelques minutes, le personnage se débat, enroulé dans une corde et suspendu dans les airs. Les mouvements sont vifs et l’éclairage est sombre. Le numéro permet de donner le ton au spectacle.
Kintsugi montre qu’aucune douleur n’est inconsolable et qu’aucune blessure n’est incurable. Il suffit de prendre la main de celui qui la tend. Le message est facilement porté par toutes les acrobaties de main à main. En arrière-plan, plusieurs citations, paroles de chansons et autres phrases sont projetées pour amplifier le propos rempli d’espoir.
« Tout vient à qui sait mourir pour mieux renaître. » Ces mots, affichés l’espace d’un instant, proviennent de la chanson québécoise «Revivre» de Daniel Bélanger. Les paroles rappellent avec précision l’art du « Kintsugi ».
Dans « Aube », le dernier chapitre du spectacle, le public assiste à la renaissance de tous dans une ambiance chaleureuse, un brin enfantine et dynamique. Autant les personnages que les spectateurs et spectatrices ressortent avec le sourire aux lèvres.
Un spectacle en plusieurs temps
La prestation commence avec un prologue qui est difficilement rattachable à l’histoire contée. Le décor semble symbolique et les acrobaties se suivent sans nécessairement dégager un sens. Toutefois, le public est captivé en moins de deux. Les sauts sur bascule impressionnent et la musique est puissante. Cela promet pour la suite.
Au fil du spectacle, les disciplines s'enchaînent, laissant à chaque artiste son moment de gloire. Le spectre d’outils utilisés est large, allant de la petite bascule au trapèze duo, en passant par la suspension capillaire.
Aucune coupure ne se fait sentir puisque le fil conducteur est respecté. C’est aussi une occasion d’épater le public qui se réjouit de son expérience diversifiée. Il ne manque aucune opportunité pour applaudir et encourager ceux et celles sur scène.
Laisser la place au mystère
L’auditoire peut interpréter les numéros de plusieurs façons en se laissant guider par l’émotion. Le public est libre d’associer quelques parties du spectacle à des expériences personnelles.
Quelques symboles forts demeurent relativement mystérieux. Cela permet aux membres de l’auditoire qui le désirent d’activer leur cerveau et leur pensée analytique. Ceux et celles qui souhaitent se laisser porter par les acrobaties peuvent tout aussi bien le faire sans perdre l’essence du spectacle.
Cinq représentations ont eu lieu à la TOHU du 19 au 22 février. Par la suite, l’équipe a pris la direction de la France afin de poursuivre sa tournée internationale.




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