Le X du Y, ou le troisième volet d’une trilogie marquante
Thierry Larose entame une tournée provinciale qui s’annonce électrisante pour son dernier album, Le X du Y, paru le 9 octobre dernier. Entre nouvelle présence sur scène et approche musicale différente, l’artiste continue de se réinventer.

Après une entrée en scène en lion sur les airs de Si j’avais un clou, l’artiste enchaîne directement avec la chanson éponyme Le X du Y, un hommage aux albums québécois suivant la formule « le quelque chose de quelque chose ». Même si le dernier album se veut beaucoup plus introspectif que les deux premiers, Thierry Larose tient tout de même à jouer sur les références culturelles.
« Je me disais que c'était mon troisième et que les trois premiers [allaient] peut-être être vus comme étant une trilogie dans le futur. Donc pour Le X du Y, je me suis payé la traite avec l'intertextualité et les chansons qui sont en conversation [les] unes avec [les] autres. Ça témoigne, selon moi, d'un amour que j'ai pour la musique québécoise », affirme-t-il.
En parlant de la mythique formule X du Y, Thierry Larose exprime son désir de poursuivre la tradition. En effet, de Jean Leloup (La vallée des réputations) à Jean-Pierre Ferland (Les vierges du Québec), de Klô Pelgag (L’alchimie des monstres) à Karkwa (Les chemins de verre), la musique québécoise semble suivre de façon récurrente cette recette gagnante de laquelle est tiré le titre de l’album. Et le X du Y ultime pour lui? Le cours des jours, de Dumas. « C’est un incontournable », a-t-il confié au Culte.
En mélangeant ses classiques de Sprint et Cantalou aux airs du plus récent album, l’artiste a pris le pari de l’amalgame : « Des fois, ce ne sont pas toujours les incontournables qui servent le spectacle. Parfois, c'est même un choix complètement champ gauche qui va aider à ce que la chanson précédente et la suivante soient plus liées. C'est toute une science. Ça peut risquer de sonner hétéroclite », affirme-t-il. À voir la réaction de la foule en entendant le collage de Conversation dans le noir et Cantalou, force est d’admettre que le jeu en aura valu la chandelle.

Un nouveau terrain de jeu
Alors que la composition de son deuxième album, Sprint, s’est faite de manière spontanée, Le X du Y a été longuement réfléchi avant d’être enregistré en studio. En effet, si les chansons des précédentes tournées continuaient d’évoluer en spectacle, l’artiste a cette fois-ci adopté une approche différente. « Ça, c'est quelque chose que je dis depuis un certain temps. Tu ne finis pas une chanson, tu l'abandonnes. [Pour Le X du Y], je voulais que la version sur CD de ces nouvelles chansons-là soit le plus proche possible de [leur] forme finale. C'était comme un nouveau défi pour moi ».
En spectacle, les chansons demeurent donc très fidèles à l’enregistrement studio. Toutefois, le niveau d’énergie monte d’un cran sur scène, en grande partie grâce à la guitare électrisante d’Alexandre Martel.
La nouvelle musique suit cette même logique de renouveau pour l’artiste. L’hypnotisante répétition des paroles « J’arrête de me cacher » dans Adèle écoute n’est clairement pas choisie au hasard : pour sa plus récente tournée, Thierry Larose nous dévoile une présence scénique jusqu’alors cachée derrière une guitare. En jouant à la fois la carte du chansonnier touchant et celle de la théâtralité assumée, le spectacle en fait voir de toutes les couleurs.

Pas un amour politique, mais un amour contagieux
Lors de la tournée Le Roy, la Rose et le Lou[p] avec ses acolytes Ariane Roy et Lou-Adriane Cassidy, qui l'accompagne aux choeurs et aux claviers, on a attribué à Larose le cri du cœur « Vive la musique québécoise », devenu emblème d’un renouveau culturel. Cependant, les nombreuses références aux albums mythiques dans son dernier disque ne sont pas un geste politique, mais plutôt un acte de célébration.
Il refuse totalement le titre de porte-étendard ou défenseur de la culture québécoise. « Quand les gens disent que tu défends quelque chose, ça donne pas le goût au monde d'aimer ça nécessairement. Moi, ce que je fais, c'est que je célèbre les choses que j'aime. Et le mieux que tu peux espérer dans ces cas-là, c'est que ta joie et ton amour soient contagieux », avoue t-il.





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