Francouvertes - Demi-finales - soir 2 : Faire bouger les fondations du Lion D'or
- Samuel Lacasse

- il y a 5 heures
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La compétition se corse à la deuxième soirée des demi-finales des Francouvertes. Chaude Chaleur et Mitaine ont performé à la hauteur de leur talent et de leur unicité, même s’ils n’ont pas su convaincre. Spaghatt et son univers repartent avec une place dans le top 3.
Bien que les ex de la soirée aient concouru en 2002, Le Karlof Orchestra n’a pris aucune ride si l'on exclut celles sur leurs visages et leurs vêtements. Karlof Galovsky sait toujours réchauffer la foule de son franc parlé et son autodérision. De l’album Fuck ‘n’ Shit Baby Love à l’instinct moderne de la suicidaire GPT / J’ai pété, les gens étaient définitivement prêts pour la suite de la soirée.
Chaude Chaleur : chaud et chaleureux
Tant multi-instrumental que multi-styles, Chaude Chaleur est un groupe d’une richesse et d’une complexité surprenante. Du RnB, de la pop avec une touche de jazz, de disco et de funk, la salle envoûtée se fait aller la tête telle une bande d’avatars synchro de jeux vidéo. Le premier simple, Chambre noire est d'une poésie inquiétante et sentie.
De la contrebasse au saxophone, en passant par la flûte traversière, le public n’est à l’abri d’aucune improvisation. Le chanteur dissimule même un tambourin sous son synthétiseur. Chaude Chaleur joue littéralement à la chaise musicale avec leurs instruments.
La voix qui mue, mais qui tue, Nomile Leclair se confie sur sa transition qui explique, en partie, les pièces mi-homme mi-femme et They/Them Summer Hotness. « C’est une victoire de pouvoir chanter chaque jour », soutient-il. À demi voilée, derrière ses verres fumés et par ses prises de paroles, Leclair s’impose comme le cœur du groupe et un leader iconique.

Spaghatt : Quand la sauce « pogne »
L’auteur-compositeur-interprète Émile Touzin-Deschênes, qui mène le projet Spaghatt, n’est pas le plus dégourdi, mais sa voix chaude et ses petits apartés anecdotiques le rendent sympathique et attachant.
« On est un groupe de boisson avec un problème de country », lâche-t-il à l'occasion. Sur un ton drôlement léger, Touzin-Deschênes introduit son premier EP, Perte totale, en référence à « des accidents de char entre chums ».
La majestueuse plume accrochée à son chapeau se démarque comme celle qu’il utilise dans ses textes. Les paroles sont accessibles, les chansons sont faciles au karaoké et possèdent des mélodies de superproductions d’époque. D’un western spaghetti à la sauce québécoise sans le kitsch et le machisme, Spaghatt réinvente les codes du country americana.
L’intriguant porte-gobelet au pied de micro permet à Touzin-Deschênes de poser sa pinte en spectacle, mais un biberon à la maison. Il en profite pour glisser le nouveau rôle de parent qu’il partage avec Melyssa Lemieux, qui est également aux chœurs et aux percussions du groupe. Le portrait rappelle celui des Cowboys fringants avec Karl et Marie-Annick, mais en plus cow-boy et en plus fringuant.
Les étoiles [filantes] s'alignent pour un petit set carré.

Mitaine : Distribution de bouchons
Mitaine croise la guitare avec ses musiciens comme on croise le fer, son pop rock étant percutant à l'image d'un coup d’épée dans une armure. Bordé d’adrénaline, le public en redemande.
Sachant lui-même que sa musique est parfois assourdissante, Mitaine distribue des bouchons au public. En uniforme, Mitaine travaille la foule vêtue de sa chienne et ses converses jaunes.
La performance coup de poing, loin de faire fuir, a même donné l’impression que la salle comble s’est encore plus remplie. Sans les places assises, un mush pit aurait éclaté. Finir la soirée « à la Mitaine » a probablement redressé quelques crinières, mais n’aura laissé personne sur sa faim.





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