L’amour hivernal de Marc-Antoine Larche

L’auteur-compositeur-interprète natif de Val-D’Or, Marc-Antoine Larche, débute en lion dans le monde musical avec son tout premier opus, Les petits effondrements, un album d’hiver intimiste de qualité, où les rafales de froid du Grand Nord cohabitent avec l’amour. Une découverte surprenante, qui secoue le cœur.


MarcAntoineLarche

L’artiste démarre en force avec la pièce Les courants d’air, où il se confie avec une simplicité désarmante. Il apparaît fragile, blessé par une relation amoureuse qui ne lui suffit pas, une relation qui le refroidit. «Les courants d’air / sont plus froids quand t’es là / Les courants d’air donnent plus de chaleur à mon coeur que toi.» De sa douce voix, qui semble parfois sur le point de craquer tellement l’émotion est forte, l’Abitibien percute en racontant son malheur en amour, sa chute. «J’éclate en morceau / Je me brise l’égo / Je sors de ton lit sans faire de bruit.»


Tout au long de l’album, l’amour rime avec mélancolie et solitude. L’amour, l’amour et encore l’amour. Cette thématique souvent visitée et revisitée est ici une berceuse poignante remplie de beauté qui soubresaute selon les humeurs d’une relation. Du début à la fin, la tristesse habite l’homme, l’écorche : «J’ai soif d’avoir soif de t’aimer / Mais tu me caches du soleil / Je ne sais plus quoi penser.» Mais parfois, l’artiste ne perd pas espoir. Quelques pièces bonbons plus lumineuses, comme J’te cherche des mots, équilibrent le tout. Le valdorien a su bien s’entourer, notamment de Navet Confit et Marianne Houle (Monogrenade). Ensemble, ils réussissent parfaitement à construire un univers où l’indie, la pop, le folk, ainsi que l’électro minimaliste s’entrecroisent pour donner un résultat singulier.


Toutefois, quelques chansons un peu plus faibles empêchent malheureusement l’album de se tenir sur une belle ligne droite, comme, par exemple, le morceau Ça arrivera pas, aux paroles et aux airs un peu trop simplistes. L’artiste conclut pourtant magnifiquement avec une chanson qui rappelle Le Grand Nord de son enfance : «Près d’un feu de camp / Ma guitare à la main / Je voudrais pleurer / Mais mes larmes sont glacées / Dans mes yeux / Le Grand Nord n’a pas de remords.» L’homme qui a «une saison à porter», mais qui «brille et scintille malgré tout» interprète solidement cette dernière par son intensité, qui est sans contredit la plus belle ballade de l’album. Marc-Antoine Larche peut être fier de son premier album, introspectif et touchant. À écouter pour se plonger dans la mélancolie hivernale et les grandes tempêtes amoureuses.

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