Symptômes : récits de solitudes partagées

Crédits photo: Éditions Pow Pow


Catherine Ocelot signe son quatrième roman graphique avec Symptômes, qui aborde les relations humaines et leurs impacts sur le corps par l’entremise de coups de crayon émouvants.

Véritable œuvre d’art, cette bande dessinée rassemble plusieurs histoires vécues ou imaginées par Catherine Ocelot. « Je pense que nous sommes reliés entre nous par des fils. Invisibles, bien sûr », écrit-elle dans Symptômes. Ce sont ces liens humains qui y sont exposés.

L’artiste illustre des échanges sociaux et leurs impacts sur les individus, d’où le titre qui fait référence à la santé physique et psychologique des personnages.


« Je m’intéresse beaucoup à nos façons d’entrer en relation et aux gens qui contribuent à nos transformations. » – Catherine Ocelot

Délicats symboles


Le caractère fragile de la vie et l’importance de prendre soin des êtres qui nous entourent sautent aux yeux grâce aux planches où priment des éléments naturels tels que l’eau et la végétation. « C’est l’idée de regarder tout ce qui est vivant autour de nous et de considérer ça comme super précieux », précise la bédéiste.


Catherine Ocelot rappelle brillamment qu’une image vaut mille mots, dessinant des scènes métaphoriques qui, tout en prenant forme dans la simplicité du quotidien, frappent par leur profondeur.


Solidaires dans leurs solitudes


L’unicité des personnages de Symptômes les rend attachants. Des femmes aux parcours différents prennent tour à tour la parole pour exprimer leurs blessures, leurs besoins et leurs questions. « J’ai vraiment l’impression que les personnages existent en eux-mêmes », confie l’autrice.


Esther, Mireille, Jade, Geneviève, Catherine : chacune d’entre elles expérimente la solitude à différents degrés. C’est d’ailleurs au sein du groupe des Solitudes Anonymes qu’elles se rencontrent et partagent leur vécu. En résultent des échanges touchants qui rappellent que l’écoute permet de grandir et de guérir.


Catherine Ocelot explique son intérêt pour ce type de regroupement anonyme dont elle s’est inspirée : « L’écoute y est vraiment centrale et le rétablissement de la personne est lié au fait qu’elle s’ouvre aux histoires des autres, ce qui lui permet de s’ouvrir à sa propre histoire. »


Travail autofictif et instinctif


« [Lorsque je crée], j’ai des images et des bribes qui m’apparaissent de gauche à droite, j’ai changé l’ordre [du livre] je ne sais pas combien de fois. C’est très spontané et ça va beaucoup avec l’instinct », révèle l’artiste. Malgré cet aspect quelque peu décousu du roman graphique, les récits s’emboîtent harmonieusement les uns à la suite des autres et permettent aux mots et aux images de se frayer graduellement un chemin dans le cœur du lectorat.


Ne pensant pas réécrire d’autofiction après son deuxième livre La vie d’artiste paru en 2018, elle s’est finalement de nouveau prêtée au jeu avec Symptômes. « Je trouve ça vraiment le fun de jouer avec les perceptions et de se demander si [les anecdotes] sont vraies ou pas », partage Catherine Ocelot. C’est un plaisir de rencontrer ce pinceau authentique, trempé d’humour et de larmes ; de bonheur comme de tristesse.


Symptômes est actuellement disponible en librairie.

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