top of page

Se laisser bercer avec Désert Désir

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

La prose rencontre la poésie en même temps que le désir rencontre la dépression et la maladie dans Désert Désir, le nouveau recueil de Clara Dupuis-Morency publié chez Le Noroît. L'autrice navigue dans ce contraste pour tenter d’échapper à la boucle du vide et du trop-plein.



Dès les premières pages, l’écrivaine traite de la dépression et de la tension présente dans les corps qui en souffrent. Souvent abordé de manière personnelle, cet état mental est universalisé dans Désert Désir, notamment par la mobilisation d’autres artistes.


whatyallaredoing


« Coullons-nous un peu dans le y’all de Barbara, y’all ça se tient moins bien que vous, la tension de relâche dans une chaleur humide, collante du Sud » p.31 


Barbara Loden, réalisatrice du film Wanda, est souvent citée. Dans son œuvre, une femme erre jusqu’à ce qu’elle trouve l’amour, une manifestation claire du désert et du désir qui appuie les propos de Dupuis-Morency.


Les pages de l’ouvrage accueillent ensuite les thèmes de la construction de soi. L’influence des parents, la destruction et la renaissance inspirent les différents textes. 


L’enfance, aussi un sujet central, permet d’explorer ce qui a façonné l’auteur. 


« Longtemps j’ai trouvé des choses sans le savoir, mais un jour une trouvaille fait sens, et puis une autre, et rapidement dans ces objets déborde un trop-plein de réalité. » p.79


La dernière section, « Désertile », s’ancre un peu plus dans un récit linéaire, ce qui change le ton du recueil et retient l’attention du lectorat. Ce dernier voit que, malgré la faiblesse extrême qui peut habiter un corps malade, la flamme de l’espoir peut rester allumée, autant chez le ou la partenaire que chez la victime. Les souvenirs et l’amour rendent tout possible. 


Flouter les frontières de l’écriture 


Clara Morency-Dupuis joue avec les types d’écriture rendant ses textes vivants. La distinction entre la poésie et la prose n’est pas toujours établie. Le lectorat se laisse guider par le sens des mots plutôt que par leurs normes.


L’ouvrage se rapproche aussi de l’essai dans son désir d'universalisme, de réflexion et d’influence. Au terme de la lecture, des points forts ressortent dans l’esprit du lectorat : il faut se ramollir et se mouvoir en même temps que le changement. 


Désert Désir joue avec la typographie, espaçant les mots qui méritent d’être mis de l’avant. À certains moments, c’est un moyen de détruire la syntaxe, habituellement rigide. À d’autres instants, c’est un outil pour ralentir et faire communiquer l’éparpillement. 


L’autrice désire inclure le lectorat dans sa réflexion qui joue un rôle primordial dans le recueil. Elle interagit, à de nombreuses reprises, avec celui-ci pour qu'il se sente concerné par les propos. Dupuis-Morency devine les besoins du lectorat et les met de l’avant lors de dialogues simulés. Elle se doute que son audience aime se rattacher à un soupçon de concret, comme un nom donné à un personnage.


« J’essaie de faire autrement, mais vous me demandez cette monnaie d’échange, vous dites il faut capitaliser, il faut une initiale, au moins, vous dites, et là-dessus, vous êtes catégoriques, que dans cet espace il doit exister au moins un petit lieu propre. » p.92


Désert Désir est pour tous ceux et celles qui souhaitent se laisser porter entre deux-mondes, dans un fluide va-et-vient.


Commentaires


  • Instagram
  • Facebook
  • TikTok
  • X
  • Vimeo
  • YouTube
  • LinkedIn
© 2024 Le Culte - Tous droits réservés
B3
bottom of page