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Mort de Rires

La pièce de théâtre Rires, présentée jusqu’au 4 mai à l’Espace Libre, est un collage de textes signés Daniel Brière et Alexis Martin. Produite par le Nouveau Théâtre Expérimental, la pièce met en scène des figures clé de l’histoire théâtrale francophone, de l’époque classique jusqu’à la Révolution tranquille.



Cette année, les interprètes présentent en première partie la vision du rire de Martin et Brière,  deux comédiens qui font œuvre de metteurs en scène. L’an prochain, ce sont les interprètes actuel·les Mehdi Agnaou, Zoé Boudou, Anne-Sarah Carbonneau, Simon Duchesne, Fabrice Girard, Laurence Laprise et Caroline Somers qui présenteront à leur tour leur propre vision de l’humour. 

 

Cette pièce permet à des finissants et finissantes de la pandémie de l’École nationale du théâtre du Canada, de l’École nationale de l’humour et de l’École de théâtre professionnel de Lionel-Groulx, de briller sur scène pendant 105 minutes.

 

De sobriété à extravagance

 

La salle Gravel-Ronfard de l’Espace Libre accueille le public dans une ambiance intime. La mise en scène est sobre, seules quelques chaises noires sont disposées au centre et des instruments de musique se trouvent à gauche de l’espace scénique.

 

La musique ponctue le texte et vient dynamiser les actions comiques des multiples personnages. Celle-ci est jouée en temps réel par les interprètes et varie selon l’époque, les enjeux et les relations interpersonnelles incarnées.

 

Tout au long de Rires, les jeunes comédiens et comédiennes se renvoient la balle en jouant à tour de rôle un narrateur excentrique. Ils et elles décortiquent les didascalies et introduisent les segments présentés en décrivant le contexte sociohistorique.



 « Tu trouves pas que j’ai l’air folle ? »

 

Le texte oscille entre la caricature pince-sans-rire de la bourgeoisie britannique et l’humour québécois typique de Claude Meunier et Louis Saia. À chacun des segments, le public se tord de rire et revit des moments importants de l’histoire de la comédie francophone.

 

Les expressions faciales sont justes et les mimiques employées ajoutent efficacement à l’effet du rythme comique. Que ce soit en faisant usage du joual que de la langue absurde de Jean Tardieu, le texte et la mise en scène font l’unanimité chez le public.

  

« Il ne faut pas courir après deux toasts à la fois »

 

La reconstitution de la série télévisée jeunesse phare Sol et Gobelet, diffusée à Radio-Canada de 1968 à 1971, fait rire le public à gorge déployée. Les clowns se dressent sur scène et utilisent l’humour gestuel sans retenue.

 

Les tableaux s’enchaînent les uns après les autres, de Saturday Night live à Monty Python, en passant par les cyniques et l’indépendance du Québec, aucun sujet n’échappe à Alexis Martin et Daniel Brière.  

 

Alors que le public semble perdre de l’énergie, avec quelques répliques qui accrochent moins, la scène finale vient donner un second souffle. Fort ingénieuse, celle-ci juxtapose tous les segments présentés en une seule séquence. Les costumes sont mélangés, les répliques s’entrechoquent et la porte située au centre semble s’ouvrir sur un monde comique infini. 


Pour conclure d’une façon bien élégante, un affrontement improvisé faisant hommage à la Ligue nationale d’improvisation, est joué. Les artisanes et artisans du spectacle reçoivent une acclamation enthousiaste et une ovation debout à la fin de la représentation.


Crédit photo : Marlène G.-Payette

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