L’homme de Hus : La mort du mouvement

Crédit photo: Olivier Chambrial


Un homme veut s’assoir dans la pénombre. Or, une force obscure semble s’emparer des objets qu’il manipule. Il tente de se déplacer, mais rien n’y fait. L’Homme de Hus, interprété et créé par Camille Boitel, prend alors vie sur la scène du théâtre La Chapelle : il attaque tout, même le public qui demeure inconfortable tout au long de la représentation.


Présenté en partenariat par la TOHU et le théâtre La Chapelle, le spectacle accueille le spectateur dans un décor inquiétant dans lequel de grandes colonnes composées d’objets de bois empilés les uns par-dessus les autres s’élèvent, devant eux. Leur côté organique contribue à accentuer leur aspect menaçant puisqu’elles semblent extrêmement fragiles.


La performance mélange plusieurs disciplines artistiques. Du théâtre à la danse en passant par le cirque, Boitel fait vivre diverses émotions au public à travers un chaos bouleversant.


Dans un univers où la matière gouverne en despote, l’Homme de Hus se questionne sur la relation qu’a l’être humain avec l’environnement qui l’entoure. Dans une série de cascades et de prouesses spectaculaires, Camille Boitel joue avec le malaise des spectateurs en grimpant un peu partout sur les remparts de bois pour ensuite se jeter dans le vide. Ses vêtements se déchirent lors de ses chutes, mais il continue à enjamber des obstacles pour continuer ses acrobaties.


Pris d’une colère soudaine, l’homme défait les colonnes en lançant les objets au centre de la scène. Un bruit rythmé retentit. Le corps de Boitel se désarticule dans la pénombre et le public devient inquiet.


Un autre volet de la réflexion de Boitel prend le relais. Assis au milieu d’un tas de détritus, le protagoniste chantonne lorsque soudain, des hommes arrivent. Ils agrippent son corps pour ensuite se l’arracher violemment. L’interprète tente de se libérer, mais ses mouvements sont encore contraints.


Or, la matière finit par se révolter pour finalement reprendre le contrôle de la scène. La performance se clôt avec le retour des colonnes de bois qui s’animent en se balançant de l’avant vers l’arrière.


La thématique du corps en mouvement dans un espace encombré revient souvent dans le travail de Camille Boitel, connu en 2002 pour avoir gagné la première édition des jeunes talents du Cirque. Il s’intéresse aux affrontements entre l’humain et la matière.


L’Homme de Hus sera joué au théâtre La Chapelle jusqu’au 16 février.

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