Francouvertes Soir 3 : un amalgame de trois univers
- Laura Mailloux

- il y a 4 heures
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Les Francouvertes se poursuivent, avec une troisième soirée effervescente, entre l’indie-pop-rock alternatif de Charlie Rivard, la pop inspiration jazz R&B de Chaude Chaleur et le rap afrodiasporique de Komēdza. Des performances qui ont fait bouger le classement, Komēdza y prenant la tête devant Chaude Chaleur, et Charlie Girard se logeant au cinquième rang.
En ouverture, dans le cadre de la série « J’aime mes ex », Les Louanges impose d’emblée un contraste saisissant, en revenant sur la scène du Lion d’Or, presque dix ans après son édition. Seul à la guitare et assis sur une chaise, il livre une performance dépouillée qui repose presque entièrement sur la fragilité de son interprétation. Sans chercher à impressionner, pour partager deux chansons de son nouvel album, attendu au printemps. La plus marquante, sans doute, Ne me quitte pas des yeux, une mélodie parlant des proches aidants, qui a touché le public.

Le cœur en scène, la distance en salle
Charlie Rivard ouvre le bal compétitif avec une proposition pop-rock solidement construite, accompagnée de « [sa] petite famille », son quintette de femmes. L’amour et le respect entre les membres du groupe étaient manifestes, les choristes par moment au premier plan, ainsi que les solos des musiciennes.
Dès les premières minutes, l’assurance est palpable, présence scénique affirmée, regard habité, gestuelle calculée. La voix, bien maîtrisée, soutient sans faille un répertoire chargé en émotions. Elle incarne ses chansons en bougeant sans gêne et en offrant toute son âme à sa performance.
Pourtant, cette précision quasi millimétrée finit par jouer contre elle. À force de vouloir tout contrôler, les nuances, les montées, les effets, l’ensemble manquent parfois de souffle et de spontanéité. Le travail est indéniable, cependant, la distance est claire entre le public et elle.

Un collectif qui embrase la scène
Le passage de Chaude Chaleur vient complètement renverser la dynamique. Ici, tout est affaire de collectif : le groove, la complicité, l’énergie. Dès les premières mesures, le groupe installe une ambiance qui déborde largement de la scène.
Les influences jazz, R&B et rock se croisent sans jamais s’entrechoquer, portées par une cohésion remarquable. La maîtrise des nombreux instruments est remarquable : piano, basse, batterie, saxophone, flûte traversière, guitare électrique, violoncelle. Une diversité de sons qui font de chaque chanson une nouvelle découverte créative.
Le public embarque immédiatement, jusqu’à offrir l’une des réactions les plus enthousiastes de la soirée, pour ce groupe provenant du cégep Saint-Laurent. Chaude Chaleur comprend instinctivement ce que signifie « habiter une scène ».

Aisance scénique rassembleuse
Komēdza, dernier à se présenter, hérite d’une salle déjà conquise et réussit pourtant à en reprendre le contrôle. Avec une mise en scène accrocheuse, il commence à chanter dans les coulisses, pour arriver quelques instants plus tard sur scène. Sa proposition, à la croisée du rap et de la pop avec des influences afro, repose sur une aisance scénique impressionnante. Le débit est fluide, la présence naturelle, et surtout, le lien avec le public ne se dément jamais. Là où d’autres cherchent à convaincre, lui semble simplement inviter.
Quelques moments plus introspectifs, où il évoque son parcours, ajoutent une dimension humaine qui évite à la performance de sombrer dans la simple démonstration. Il parle de ses origines du Togo et sa culpabilité d’être un artiste, après tous les sacrifices de ses parents.
« Je suis vraiment reconnaissant d’être là, devant vous, ce soir », confie le chanteur. Une gratitude et un amour de la scène, qui se ressentent à travers la salle, par le lien important qu’il a fait avec son auditoire.

Cette troisième soirée confirme une chose : la compétition est désormais lancée pour de bon. Si Charlie Rivard impressionne par sa rigueur, Chaude Chaleur séduit par son énergie collective et Komēdza s’impose par son naturel rassembleur. Trois approches, trois visions de la scène et, enfin, une soirée qui donne envie de suivre la suite avec attention.




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