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Grand Eugène : né dans la distance

C’est la faute des 3680 kilomètres qui séparent Vancouver de Montréal si Grand Eugène est né. Grand Eugène, qui n’est pas un moustachu élancé, mais plutôt un nouveau groupe d’indie-rock aux touches de pop-rêveuse, a pris forme dans la distance et le manque. Avec deux monoplages et trois concerts à son actif, le band aux influences anglophones en est à ses balbutiements. Le Culte est allé à sa rencontre.


Crédit photo : Jacinthe Racicot


Tout commence en 2020 avec l’auteur-compositeur-interprète et artiste visuel Jérémy Lachance. Il est seul à Vancouver, loin de son monde. « Je suis parti sur le pouce après mon cégep et je me suis ramassé là-bas », raconte-t-il.


Là-bas, il constate que de jouer de la musique seul, ça devient plate à la longue. Il s'ennuie de la scène musicale francophone, et surtout de jouer avec d’autres artistes. Grand Eugène, « c’est vraiment parti de la distance », relate le fondateur du projet.


Les ébauches des chansons qu’il compose dans sa van stationnée dans la plus grande ville de la Colombie-Britannique voyageront de sa boîte courriel à celles de ses amis musiciens pour finalement prendre forme à Montréal deux ans plus tard.


Grand Eugène ー formé de Jérémy Lachance à la composition et à la guitare, Melyssa Lemieux à la voix, Olivier Tanguay à la batterie, Nassim Dib-Mudie aux claviers et Greg Tremblay-Meadors à la basse ー a fait paraître le premier septembre dernier Celle-là, son premier monoplage.


Crédit : Charlotte Rainville

Grand Eugène lors de son spectacle au Quai des brumes le 12 octobre dernier


Celle-là : arriver au bout d’un amour


« C’est la dernière chanson que j’écris pour toi », chante Melyssa d’une voix douce dans Celle-là. À sa voix mélancolique et légère qui nous laisse dans un état d’apesanteur se mêle une musique rythmée et dansante.


Pour Jérémy, qui a composé les paroles de ce morceau, celui-ci marque la fin d’une époque. Il confie avoir composé son microalbum solo Par absence d’avoir eu le temps de le dire, paru en 2021, avec encore et toujours la même personne en tête. « Il y avait une source d'inspiration qui était toujours la même, puis j’étais tanné de toujours l’utiliser pour alimenter mes chansons. Celle-là, c'était le bout de ça », explique-t-il.


Crédit : Alice Cloutier-Lachance

Jérémy Lachance, guitariste, compositeur et fondateur de Grand Eugène


Entre le son anglo et franco : une affaire de mood


Le passage de Jérémy à Vancouver laisse une trace indélébile sur sa musique et celle de Grand Eugène.


« Sortir de [la scène franco-montréalaise], puis d’aller du côté anglo, ça m’a fait voir quelque chose d’autre. J’ai réalisé que c'était ce son-là que j’écoutais beaucoup, au final, puis que c’était ça qui me plaisait », explique celui qui a passé un total de quatre ans entre Vancouver et Tofino.


Le musicien insiste sur le fait que le son indie-rock franco-montréalais est bien différent de celui du reste du Canada anglais. Dans la scène anglophone, dit-il, « c’est moins axé sur le texte »; l’importance serait plutôt donnée à la musique et au mood qui aurait des sonorités distinctes.


Le son de Grand Eugène est donc imprégné d’influences anglophones, tout en restant ancré dans des paroles fièrement francophones. Une musique tantôt douce et triste, tantôt dansante. « On se fait beaucoup dire par les gens qui nous écoutent que ça fait du bien d'avoir ça en français », explique Melyssa Lemieux, qui prête également sa voix aux groupes Rosema Tulip et Libelle.


Le nom du groupe rend hommage au grand-oncle de Jérémy, qui était le seul à faire de la musique dans la famille. Ce n’est pas compliqué, rigole Jérémy : « Il était grand, puis son nom, c'était Eugène».


Grand Eugène est en cours d’enregistrement de son premier EP qui paraîtra en 2023.

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