20 ans de slam à Montréal : une soirée commémorative qui fait voyager dans le temps
Vingt ans après l’arrivée des soirées de slam à Montréal, sept champions ont rendu hommage à cet art oratoire. Ils ont performé le 16 octobre dernier au O Patros Vys, une des premières salles à les avoir accueillis, dans le cadre du Grand Slam International de Montréal (GSIMTL). Cette soirée a ramené le public dans le passé, mais peut-être un peu trop.

Devant une salle comble avec des gens debout dans chaque recoin, les sept artistes ont chacun interprété deux slams. C’était un retour sur scène après plusieurs années pour certains, qui se sont sentis nostalgiques. Le mélange de slams déjà rodés et de nouveautés a fait vibrer le public et les cinq membres du jury choisis aléatoirement, qui ont donné de très bonnes notes tout au long de l’événement.
Ivy, figure majeure de la poésie orale et créateur du GSIMTL, a animé la soirée en plus de performer une de ses créations. L’homme aux cheveux gris vêtus d’habits colorés s'est dit fier de proposer un spectacle hors normes pour rendre hommage à cet art.
L’âge d’or du slam montréalais
Le 16 octobre 2006, un nouvel art débarque dans la métropole. Ivy fonde la scène montréalaise de slam dans le but d’amener les gens vers la poésie. C’est le même objectif qu’avait Mark Smith lorsqu’il a créé le slam en 1984 à Chicago.
Les premières années furent intenses : « On était partout, j’arrêtais pas de faire des shows », affirme Ivy. Cette croissance n’a toutefois pas perduré, car l’objectif n’a jamais été d’être populaire. L’accent a toujours été mis sur l’expérience que l’événement fait vivre au public.

La « Slamille »
Les artistes de ce milieu sont très proches. Un terme est d’ailleurs souvent revenu au cours de la soirée : la « slamille ». Ce dernier désigne l’ensemble des slameuses et slameurs.
Amélie Prévost a gagné un championnat du monde en slam à Paris en 2016. Cet art lui tient à cœur grâce à son esprit communautaire. « Venir sur scène pour partager des textes avec le public, puis avec les autres artistes, c’est une belle occasion de rencontres », explique-t-elle.

« Tous les actes de paroles sont engagés »
Amélie, qui aborde surtout des thèmes personnels, comme le fait d’être belle-mère, affirme que « tous les actes de paroles sont engagés d’une façon ou d’une autre. Ne serait-ce que de monter sur scène en slam, c'est un engagement en soi. »
En une soirée, les performances passent par différents thèmes. De l’anticapitalisme aux métaphores sur les flatulences, cette variété de sujets amène le spectateur dans toutes sortes d’univers et lui permet de s’identifier aux sujets abordés. C’est le cas d’Olivier Lacroix, un spectateur qui s’est reconnu dans la performance d’Amélie Prévost. « C’est le slam qui m’a le plus touché », affirme-t-il.
Un art pris dans le passé ?
Ivy a essayé de s’adapter aux nouvelles habitudes des gens en engageant une agence de réseaux sociaux qui promeut le GSIMTL. « Ça fait monter les abonnés sur le web, mais ça n’amène pas de public en salle », explique-t-il.
Le slam a conservé sa formule traditionnelle au fil des années : des soirées de plusieurs heures où les artistes se succèdent pour livrer des performances de trois minutes. Malgré les efforts pour accroître sa visibilité, la poésie orale rejoint surtout une communauté de passionnés, en restant inconnu pour plusieurs.





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