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Viser la lune avec Léo au féminin

L’équipe de Léo au Féminin, formée d’étudiants et d’étudiantes à peine gradué·e·s du cégep, a lancé sa web-série de dix épisodes devant un salle comble le 21 février au théâtre La Tulipe. Autodéclarée comme étant une série « woke » par l’animateur de la soirée Lu-Sergei Denaud, Léo au Féminin explore énormément – même un peu trop – de sujets au travers de la vie quotidienne de Léo, une jeune femme montréalaise.



Basée sur la vie réelle d’Éléonore Delvaux-Beaudoin, co-scénariste et actrice principale dans le rôle de son alter-égo Léo, la web-série est loin d’être chargée en péripéties. Elle prend plutôt la forme d’une fenêtre sur le quotidien de la protagoniste : les quatres premiers épisodes la suivent à son rendez-vous chez une psychologue, dans un souper entre ami·e·s et à un événement en famille.


Une histoire tout en douceur

L’objectif principal de Catherine Quesnel, la réalisatrice des dix épisodes, était « d’ouvrir les esprits sur les effets psychologiques [des handicaps invisibles], mais aussi de rendre un petit hommage à [la nouvelle] génération. » Les allergies alimentaires, l’amour queer, la santé mentale et les relations ouvertes sont entre autres abordés dans la série.


Bien que les épisodes se penchent sur des sujets parfois lourds, la beauté des plans et la tendresse des dialogues viennent alléger le tout. Rien ne semble insurmontable pour les personnages, qui sont toujours prêts à expliquer leur vision du monde aux sceptiques. Le troisième épisode, Aimer, présente une longue scène où Léo explique à la grand-mère d’une amie le concept de l’amour queer, à l’aide d’une curieuse métaphore culinaire : « Ce qui est important, c’est pas vraiment le type de soupe, c’est la soupe en elle-même », indique Léo, en parlant de la fluidité de l’orientation sexuelle.


Sans tomber dans les clichés, les personnages tentent de redéfinir le concept de l’amour et de l’amitié pour l’adapter à leurs propres réalités et expériences.


Les limites du possible

On ne peut pas reprocher un manque d’ambition aux jeunes étudiants et étudiantes qui se sont lancé·e·s dans ce projet. C’est sans doute ce qui leur a permis de réaliser une œuvre d’une telle envergure. Néanmoins, cette audace a aussi nui à leur travail. Les sujets traités sont trop nombreux, ce qui rend les dialogues denses et peu naturels. L’enjeu des allergies alimentaires, qui était supposé être central, est complètement mis de côté plus la série avance.


Léo au féminin étant une production étudiante amatrice, tous les membres de l’équipe ont travaillé de manière bénévole, ce qui laisse transparaître leur réel désir de jouer. Difficile de passer à côté de la performance sentie et nuancée d’Éléonore Delvaux-Beaudoin.


En contrepartie, le manque d’expérience de certains artistes se fait ressentir, ce qui brise le rythme de l’histoire. Catherine Quesnel, qui en est à ses premières réalisations, admet que l’un des plus grands défis du tournage a été la direction d’acteur. « Je n’avais jamais fait ça avant », explique-t-elle.


La web-série n’est pas encore disponible sur les plateformes de visionnement, mais l’équipe se sent optimiste face à une éventuelle diffusion professionnelle.


Crédits photo : Page Facebook, Léo au Féminin

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