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Un tutu, des pointes et beaucoup de doutes

Les planches du Théâtre Denise-Pelletier accueillent tutus, collants et pointes en cuir pour la pièce de théâtre Les danseurs étoiles parasitent ton ciel. Cette production signée Jolène Ruest et les Créations Ad Vitam a transporté le public vers l’angoisse des nouvelles générations face à l’avenir.


Dans la petite salle Fred-Barry, la pièce de théâtre plonge l’auditoire dans les tourments de Prunelle, jeune diplômée de l’école de supérieure de ballet du Québec, figée par la peur de poursuivre son rêve de devenir une danseuse étoile.


La pièce s’ouvre sur l’interprète de Prunelle, Andréanne Daigle, qui s’assoie sur les marches au bord de la scène pour y attacher ses pointes. S’active ensuite une multitude de stroboscopes qui donne des allures de boîte de nuit à la scène et qui précède l’entrée en scène de trois comédiens et deux comédiennes qui dansent au son d’une musique techno entraînante.



Une étoile tourmentée


Au fil de la pièce, Prunelle, brillante et talentueuse, ne cesse de se remettre en question tout en travaillant dans un Dairy Queen, au côté de deux collègues interprété·e·s par Maude Bouchard et Jean Belzil-Gascon. Malgré sa peur de l’avenir et de l’ remise en question doutes, Prunelle tente à plusieurs reprises de se reprendre en main et de croire en elle-même. Elle décidera par exemple de prendre l’autobus et de se rendre à New York pour y passer une très importante audition, tremblante de peur… mais finira par ne pas monter dans le véhicule, abandonnant son projet.



Au fil de ses craintes, Prunelle ne cesse de penser aux plus grandes ballerines que la Terre ait connues, telles que Maïa Plissetskaïa, qui a interprété la princesse Odette en 1947 dans le célèbre ballet Le Lac des cygnes de Tchaïkovski ou Emma Livry, dernière ballerine romantique décédée après que sa tenue de scène eut pris feu sur la scène de l’Opéra de Paris.


Alors que Prunelle se perd dans ses appréhensions, la danseuse autonome diplômée de l’École supérieure de ballet du Québec Sarah-Maude Laliberté fait son apparition. Enveloppée d’un halo de lumière, elle exécute un adage, c’est-à-dire une suite de mouvements amples exécutés sur un tempo lent. Ces chorégraphies effectuées tantôt sur des airs de piano, tantôt dans un silence assourdissant, baignent le public dans une bulle de douceur et de poésie.


Pendant que Sarah-Maude Laliberté danse avec grâce et délicatesse, le personnage de Prunelle l’observe avec envie et admiration. La danseuse, anxieuse, est paralysée par la peur de l’échec et n’arrive pas à prendre de décision alors qu’elle loge dans un appartement insalubre du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Ayant été forcée de troquer les souris de Casse-Noisette contre de la vermine, l’infestation de son logement lui permet de rencontrer Javel, un exterminateur désinvolte interprété par Maxime Lepage avec qui elle tisse des liens.



Prunelle expose la résilience des jeunes générations face aux questionnements du futur qui se multiplient et qui les empêchent de passer à l’action. En dehors des enjeux relatifs à la danse, d’autres plus ancrés dans le présent sont mis de l’avant. La pièce fait référence à la gentrification qui gagne peu à peu le quartier d’Hochelaga-Maisonneuve. Les dialogues évoquent cette problématique en plus de s’imposer contre les rénovictions.


Une entrée dans le monde du théâtre


La pièce est tirée du roman éponyme de Jolène Ruest, autrice québécoise originaire de Trois-Rivières. L’adaptation théâtrale de son livre est son premier pas dans le monde du théâtre. Les danseurs étoiles parasitent ton ciel lui a valu le Prix des nouvelles voix de la littérature au Salon du livre de Trois-Rivières en 2022.


Pour la mise en scène de cette pièce, les équipes ont été conseillées par Andréanne Joubert, consultante en mouvement, et Lisa-Marie Villeneuve, professeure aux Studios des Grands Ballets canadiens, pour respecter les codes du ballet omniprésents dans la pièce.


Les danseurs étoiles parasitent ton ciel est présenté au Théâtre Denise-Pelletier jusqu’au 4 mars 2023 dans la salle Fred-Barry.


Crédits photo : Camille Gladu-Drouin

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