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Les miracles d’un tournage étudiant

Pellicule argentique, électricité défaillante et dévouement sont au rendez-vous sur le plateau de La grande marche, un court métrage réalisé par des étudiants et étudiantes de troisième année du baccalauréat en cinéma de l’Université de Montréal. Le Culte a assisté à un après-midi de tournage pour comprendre quels sont les défis rencontrés lors de la réalisation d’une œuvre ambitieuse avec peu de moyens.



 

L’auditorium Jean-Papineau-Couture de la Faculté de musique à l’Université de Montréal (UdeM) se remplit d’une centaine de personnes en ce début de samedi après-midi. L'équipe est composée d'une vingtaine d’étudiants et étudiantes et de bénévoles, y compris quatre assistants et assistantes à la réalisation et quatre à la direction artistique. Ils se mettent en action pour une cinquième journée de près de dix heures de travail, pour un tournage qui devrait prendre six jours au total.


L’équipe de tournage s’active dans une ambiance fébrile depuis 9h30 le matin pour se préparer à accueillir les 80 figurants et figurantes. La productrice, Leyanne Adam-Tardif, confie se sentir stressée par cette scène audacieuse. La grande marche est une comédie absurde qui raconte l’histoire de Franz, joué par l’acteur expérimenté, Henri Picard, meneur d’une révolution étudiante. 




L’esthétique nostalgique


Le défi est d’autant plus grand puisque le tournage se fait entièrement avec une caméra argentique de l’ère pré-numérique. Ce choix esthétique permet de représenter fidèlement l’époque de l’histoire, soit les années 1960, mais implique un lot d’inconvénients. 


« Le ou la script doit vraiment garder un bon registre de la durée de chaque prise et du piétage », explique l’assistante-réalisatrice Laurence Briand-Genest, étudiante de deuxième année en cinéma à l’UDEM. Elle révèle aussi que l’équipe possède une quantité très limitée de pellicules. « On a le droit à deux prises par plan cet après-midi », dit-elle, ce qui justifie l’atmosphère tendue.



Conseils de (semi) pros


Plusieurs répétitions des répliques et des réactions attendues des figurants et figurantes sont nécessaires en amont, pour s’assurer que la première prise soit parfaite. Debout sur la scène, le réalisateur, Andrej Milisav, s’adresse à la foule et à l’acteur sur un ton pédagogique et patient en gesticulant pour expliquer chaque action du plan tel un chef d’orchestre. « Au niveau de la réalisation, l’important c’est vraiment de rester calme et de ne pas se laisser envahir par le stress. Si je reste calme, les autres le sont aussi et ça assure un bon climat de travail pour tout le monde », conseille-t-il. 


Les imprévus ne manquent pas sur le plateau. Une heure après l’arrivée des figurants et figurantes, le disjoncteur électrique se déclenche soudainement et fait disparaître le courant de plusieurs prises d’alimentation. Une épreuve angoissante s’impose pour l’équipe technique qui tente rapidement de relier toutes leurs rallonges pour atteindre la prise électrique de la salle voisine. 



Selon Leyanne Adam-Tardif, « le plus grand défi, c’est de trouver des lieux qui rentrent dans le budget. On avait une limite d’environ 5000$ pour le transport, la nourriture et les lieux ». Pour la productrice, la clef du succès d’un tournage repose sur la communication. « Des fois, on a tellement de choses à faire en même temps, qu’on oublie de dire un détail important au département concerné. », renchérit-elle. 


La réussite d’un film étudiant se bâtit sur la capacité de faire beaucoup avec peu. Il faudra attendre le mois d’avril prochain pour observer l’ampleur des efforts déployés pour La grande marche


Crédit photos : Alice Young


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