La forêt barbelée, vénération de la vie sauvage

Crédits photo: Gabrielle Filteau-Chiba


Grâce à La forêt barbelée, recueil de poésie publié le 16 février dernier chez les Éditions XYZ, Gabrielle Filteau-Chiba transporte son lectorat aux confins du Kamouraska pour le dépayser profondément.


Les pages du recueil sont imbibées du territoire dans lequel a évolué l’autrice durant les dix dernières années. « Je suis tombée amoureuse de ce lieu et j’ai eu envie de le protéger de toutes les manières possibles », évoque Gabrielle Filteau-Chiba en entrevue avec Le Culte.


La forêt barbelée permet de voyager avec la protagoniste jusque dans une petite cabane du Bas-Saint-Laurent entourée d’animaux sauvages et d’épinettes. Gabrielle Filteau-Chiba offre ce recueil à ses lecteurs et lectrices « pour que leur printemps soit plus lumineux. » Le registre de langue varié et typiquement québécois les ancre dans cette immense province aux mille richesses.


Une connexion profonde entre le personnage et son environnement accentue le caractère précieux de la nature. Les seules majuscules présentes dans les poèmes marquent d’ailleurs ces éléments vivants qui revêtent une importance spirituelle pour l’autrice. « Quand je suis arrivée dans la forêt, j’avais l’impression qu’il y avait vraiment quelque chose de plus grand que moi qui opérait tout ça », exprime-t-elle.


Saisons intérieures


Le personnage vit une évolution psychologique parallèlement aux saisons qui divisent le recueil. « Je prends le lecteur par la main et je l’emmène vivre mes dix années dans cette forêt qui m’a complètement transformée », raconte Gabrielle Filteau-Chiba.


L’immersion à Kamouraska débute en hiver dans un climat hostile qui effraie le personnage tout en l’intriguant. Le retour du beau temps amène un émerveillement et un amour quasi maternel envers la nature. Puis la rencontre d’un être aimé et la naissance d’un enfant réchauffent l’automne et donnent le courage de braver toutes les tempêtes. « C’est une personne qui part de la solitude [et qui va] jusqu’à se réconcilier avec l’autre et à faire société », résume l’autrice.


« La forêt barbelée, ce sont mes pensées les plus intimes, mes souhaits pour l’avenir et ce que j’ai pu comprendre de mes années en nature. » - Gabrielle Filteau-Chiba

Poèmes manuscrits


Preuves de la vulnérabilité livrée dans La forêt barbelée, les textes ont tous été écrits à la main sur les médiums à la portée de l’autrice lorsque l’inspiration lui venait. « C’était des bouts d’écorce de bouleau, de papier d’allumage, du carton. J’avais gardé ça du temps de la cabane. Je les ai tapés [à l’ordinateur] pendant la pandémie », se rappelle l’écrivaine.


C’est dans ces moments de solitude en forêt que Gabrielle Filteau-Chiba a créé le recueil. Elle décrit ses poèmes comme des souvenirs tricotés en courtepointe qui incarnent son « évolution mentale, émotionnelle et spirituelle des dix dernières années. »Ce premier recueil de poésie s’ajoute à sa trilogie de romans : il s’inscrit dans la même démarche militante qu’Encabanée (2018), Sauvagines (2019) et Bivouac (2021). « Quelle belle façon que de passer par l’art au lieu de passer par la politique [pour sensibiliser]. Au lieu d’essayer de convaincre ou de culpabiliser, j’essaie d’émerveiller et de conscientiser », affirme Gabrielle Filteau-Chiba, qui lutte depuis plusieurs années pour la protection de la faune et de la flore québécoises.

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