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Jamais t’oublier : la mélancolie dansante de Valse Fréquence

Le 9 novembre dernier, le duo Valse Fréquence lançait son premier mini-album Jamais t’oublier à l’Escogriffe dans le cadre du festival Coup de cœur francophone . Actif depuis 2017 sur la scène indépendante, le groupe offre enfin à son public le plus long jeu de sa discographie, un EP de six chansons aux sonorités dream pop enivrantes et au lyrisme nostalgique.



Après une entrée subtile et la présentation de deux chansons d’un album à venir, l’ambiance se décontracte promptement et Tache d’encre, le dernier simple de l’opus, retentit dans les haut-parleurs. Le rythme énergique de la batterie et de la basse contraste avec la langueur des synthétiseurs, donnant une texture complexe à la chanson. Tu t’en va enchaîne, accompagné de clips stroboscopiques projetés derrière les musiciens et la musicienne.


Jamais t’oublier, oeuvre réussie


Thomas Léger, chanteur et batteur, remercie rapidement l’assistance de leur présence avant de laisser place à Anne-Marie Milev, guitariste, pour l’introduction nette et contrôlée de Mirage. Le vibrato de la guitare offre un son enveloppant et la foule s’abandonne dans la musique. Les artistes s’échangent des regards complices tout au long du spectacle, semblant être envahi·e·s par la fierté de présenter leur projet devant public.


Dans Prison de verre, les synthétiseurs et la voix soufflée de Léger s’unissent dans un refrain aérien, planant. La formation entreprend ensuite Rouge, la première chanson publiée par le groupe en 2018, et les spectateurs et les spectatrices s’endiablent. Tous et toutes chantent en chœur le refrain exutoire et énergique.


Le spectacle se conclut par deux chansons tout aussi puissantes. Diable, un morceau au texte plus optimiste et aux rythmes dynamiques, est impressionnant. Léger surprend par la simultanéité de ses grandes envolées vocales et de ses rythmes soutenus à la batterie. Jamais t’oublier, titre éponyme du EP, est également un succès.


Le public danse et chante, les projections murales reprennent et les artistes sur scène sont complètement absorbé·e·s. La prestation se termine par un long solo de la guitariste, démontrant le contrôle de son instrument et sa créativité mélodique efficace.


Coup de coeur, coup de masse


Somme toute, la performance musicale de Valse Fréquence est sans faute. Le duo était accompagné pour l’occasion par Olivier Cohen à la basse et par Samuel Morissette aux synthétiseurs et au pad de batterie. La voix de Léger est excellemment maîtrisée malgré la complexité de chanter et de jouer de la batterie en simultané; le groove de Cohen ajoute une couche enveloppante et vigoureuse aux morceaux; la guitare de Milev demeure précise et témoigne de la force tranquille de la musicienne.


La qualité musicale concédée par la maîtrise des instruments se voyait toutefois réfrénée par le manque d’interaction avec le public, marquant une distance quelque peu dérangeante entre les artistes et la foule.


Le groupe pourrait bénéficier de plus d’échanges avec le public. Le manque de contact entre les artistes et leur assistance rend le spectacle moins engageant, ce qui explique le manque d’écoute à certains moments. Il serait intéressant de retrouver la complicité partagée par les artistes sur scène dans des discours, des blagues ou simplement des regards adressés au public. L'œuvre scénique serait alors complète.


Crédits photos : Béatrice Lepage, @beatrice.does

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